L’extrême droite et son mécène Pierre-Édouard Stérin s’infiltrent à l’université catholique de l’Ouest

Le mécène revendiqué de l’extrême droite française finance depuis 2023 l’université catholique de l’Ouest, révèlent Disclose, La Topette et Reflets.info. Abrité derrière un discret fonds de dotation, Pierre-Édouard Stérin, qui rêve de reconquête culturelle et politique, investit l’un des plus importants établissements privés du pays, où nombre d’enseignants et d’étudiants sont déjà acquis aux idées de la droite radicale.
C’est l’un des plus importants établissements d’enseignement privé en France. Avec huit campus implantés dans l’ouest du pays et deux autres récemment créés à La Réunion et sur l’île de Tahiti, l’université catholique de l’Ouest (UCO) accueille pas moins de 13 000 étudiant·es chaque année. Elle attire aussi des personnalités politiques de premier plan : François Bayrou et Bruno Retailleau s’y sont rendus respectivement en 2022 et 2023 pour prononcer le discours inaugural du département de science politique du campus d’Angers, le fief historique de l’UCO.
Une autre personnalité de plus en plus influente à droite s’intéresse aussi à la Catho. Son nom : Pierre-Édouard Stérin. En 2023, l’homme d’affaires, qui a connu le succès grâce aux coffrets cadeaux « smartbox » et dont la fortune est aujourd’hui estimée à 1,6 milliard d’euros, est devenu l’un des grands mécènes de faculté, comme l’ont découvert Disclose et le journal du Maine-et-Loire La Topette*.
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Je soutiens DiscloseÀ 51 ans, l’entrepreneur, exilé fiscal en Belgique, se dit animé d’une mission quasi divine : « Investir pour le redressement de la France et la promotion du Christ ». Sa bataille culturelle, il entend la mener au travers d’un plan bien précis baptisé « Periclès », pour Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes. Le programme, révélé par l’Humanité, est doté de 150 millions d’euros sur dix ans, dont une partie doit servir, par exemple, à aider le Rassemblement national à conquérir 300 villes aux élections municipales de 2026. Celui qui réclame « plus de bébés de souche européenne », entend aussi, et surtout, investir dans l’éducation qui, selon lui, doit être reprise aux « cerveaux de gauche ».
Instituts de formation politique, école de journalisme, établissements privés catholiques… Le businessman a fait de l’école son « premier terrain de lutte idéologique ». À l’académie Saint-Louis, un internat catholique qu’il finance dans le Loir-et-Cher, et où Disclose s’est rendu lors d’une journée portes ouvertes au printemps dernier, la reconquête passe notamment par le recrutement des équipes éducatives. Ici, pour assurer les cours d’éducation à la vie affective et à la sexualité, la direction va faire appel, selon nos informations, à des religieuses et des mères de famille formées par l’Alliance Vita, une association anti-avortement aux valeurs pourtant très éloignées du programme officiel.

C’est dans cette optique de combat idéologique, politique et culturel que Pierre-Édouard Stérin a jeté son dévolu sur l’université catholique de l’Ouest.
Son plan débute le 12 octobre 2022. Ce jour-là, Alban de Rostu, alors bras droit du milliardaire et administrateur du fonds du Bien commun, sa fondation philanthropique, a rendez-vous en visioconférence pour valider la création d’une discrète mais influente structure : le fonds John Henry Newman, dédié au « développement de la recherche universitaire » à l’UCO. Il s’associe alors avec Gaël Izenic, l’actuel président de l’université catholique, son ancien recteur, Dominique Vermersch, et Vincent Strauss, un ancien gestionnaire d’actifs, selon les statuts obtenus par Disclose et ses partenaires. C’est l’ancien recteur de l’UCO, Dominique Vermersch, qui prend la présidence du fonds. De quoi faire plaisir à Pierre-Édouard Stérin : pendant dix ans, Dominique Vermersch a en effet dirigé la rigoriste Communauté de l’Emmanuel, longtemps fréquentée par le nouveau mécène de l’UCO. Le fonds John Henry Newman, doté d’un capital de départ de 15 000 euros, est aujourd’hui pourvu de 1,3 million d’euros, selon ses derniers comptes annuels disponibles.
Opération camouflage
Grâce à cette manne, l’établissement catholique a d’ores et déjà financé des travaux de rénovation sur l’un de ses campus, ainsi qu’un poste administratif, un projet de colloque et une chaire sur « les questions éthiques ». Montant des dépenses : 627 000 euros. Mais sur l’origine de cet argent, la direction de la Catho reste très discrète. La plupart des enseignants contactés pour cette enquête n’ont pas connaissance de l’implication du milliardaire. Quant au site internet du fonds John Henry Newman, dont une page mentionnait son partenariat avec le fonds du Bien commun, il a été mis hors ligne cet été. Seule référence à l’alliance scellée entre la faculté privée et l’œuvre caritative de Pierre-Édouard Stérin : une vieille publication datant de décembre 2022 sur le profil LinkedIn de l’UCO.

Même les représentants syndicaux de l’établissement n’ont pas été informés du montage financier. Le 30 novembre 2023, le délégué syndical CFE-CGC, Bruno Deutsch, a interrogé le comité économique et social de la fac pour savoir si « le fonds de dotation (…) ne demande pas en même temps certaines orientations ? » Réponse du directeur des ressources humaines : « Le risque que vous évoquez n’est pas inexistant ». Sans préciser pour autant les raisons qui l’ont conduit à dire cela.
L’UCO regretterait-elle d’avoir pactisé avec le saint patron de l’extrême droite ? Contactée par Disclose et La Topette, la direction de la faculté assure que son sulfureux mécène « n’influe pas sur les choix de projets portés par l’UCO » et que le fonds John Henry Newman n’est qu’« une fondation parmi d’autres ». Certes, son apport financier demeure pour l’instant modeste, au regard des 50 millions de recette annuelle provenant des frais d’inscription (80 %) et des subventions publiques (16 %), mais la participation du fonds John Henry Newman dans les affaires de l’école serait amenée à grandir : il entend multiplier ses actifs par vingt d’ici 2030, soit un engagement d’environ 20 millions d’euros.
Bien que le fonds du Bien commun de Pierre-Édouard Stérin se présente à Disclose comme « apolitique », l’opération est tout sauf anodine. Pour cause, avec son statut de membre fondateur, le milliardaire peut peser de tout son poids sur les choix des projets initiés par la fac où ses idées sont déjà bien représentées. Notamment au sein de son département de science politique et de droit.
15 enseignants aux affinités conservatrices ou royalistes
Disclose et ses partenaires ont pu identifier 42 professeurs dans cette filière durant l’année scolaire 2024-2025. Et ce, sur les deux principaux campus de l’UCO, à Nantes et Angers. D’après notre enquête, 15 d’entre eux ont des liens avec des organisations conservatrices et des mouvements d’extrême droite. Parmi ceux-là, huit sont directement affiliés à des instituts soutenus par Pierre-Édouard Stérin et Philippe de Villiers, l’ancien président du Conseil départemental de Vendée et fondateur du Puy du Fou.
L’un des exemples les plus emblématiques n’est autre que Pierre-Hugues Barré, le directeur du master droit public de l’UCO à Nantes**. Fines moustaches taillées à l’anglaise, l’enseignant de 31 ans s’est fait connaître des milieux d’extrême droite pour avoir animé pendant au moins un an le compte Twitter anonyme @Moralicide. Celui qui était alors âgé de 18 ans avait pour image de profil une miniature d’Adolf Hitler et n’hésitait pas à étaler ses provocations racistes à ses quelque 6 000 abonné·es.

« Un noir c’est comme une pomme, c’est mieux pendu à un arbre », écrivait-il par exemple le 2 octobre 2013. Poursuivi, en octobre 2014, pour injure publique et incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination, Pierre-Hugues Barré se présentait sur compte Twitter comme « homophobe, antisémite, xénophobe ». Contacté par Disclose, le juriste rejette aujourd’hui la faute sur son « jeune âge ». Ce qui ne l’a pas empêché d’être présent le 20 février 2021 à un rassemblement de soutien au groupe d’extrême droite Génération Identitaire, dissout quelques jours après par le gouvernement. Sur ce point, Pierre-Hugues Barré n’a pas souhaité faire de commentaire.
En revanche, la direction de l’établissement semble avoir pris la mesure du problème : le 11 septembre, veille de la publication de l’enquête sur Disclose, le journal Presse Océan indique que le directeur du master a été écarté de l’UCO.

Un enseignant en première année de licence a également attiré notre attention. Il s’agit de Gabriel Morin, un membre actif de la communauté de l’Emmanuel, celle fréquentée par Pierre-Édouard Stérin. Filmé par une équipe du JT de France 2, en 2017, pour un reportage sur un « camp de virilité », l’enseignant explique que « la peau de l’homme est plus épaisse que la peau de femme, comme si le corps de l’homme le préparait à affronter l’extérieur et les travaux plus rudes ». Sollicité pour approfondir la question, Gabriel Morin n’a pas souhaité s’exprimer.
On peut citer les maîtres de conférences, Basile Mérand, Marc Dupré et Philippe Pichot. Ces trois-là ont animé le 25 novembre 2023, à Paris, un colloque sur « le droit naturel » organisé par les associations Juristes pour l’Enfance et Famille & Liberté, proches de la Manif pour tous. À cette occasion, Philippe Pichot, spécialiste de l’histoire du droit, a présenté l’avortement comme « une souffrance qui blesse la nature de la femme en détruisant dans son sein un être vivant ». Ce dernier n’a pas donné suite à nos demandes d’entretien.
Son CV mérite pourtant qu’on s’attarde sur son cas. Un temps enseignant à l’ISSEP, l’école privée fondée par Marion Maréchal, Philippe Pichot a aussi officié à l’ICES, l’institut catholique de Vendée, créée par Philippe de Villiers, et a participé, en 2021, à des conférences pour une association royaliste proche de l’Action française. On retrouve également ce passionné de la contre-révolution vendéenne sur les ondes du média d’extrême droite, Radio Courtoisie, mais aussi dans les effectifs de l’institut de formation politique, un organisme financé par Pierre-Édouard Stérin.

Parmi les professeurs que nous avons pu identifier, il y a aussi ceux qui ont flirté ou flirtent toujours avec le militantisme de droite. Matthieu Manceau, chargé de TD en politiques publiques, a adhéré au microparti de Bruno Retailleau, selon Politis, avant de se présenter aux élections législatives de 2024 dans les Deux-Sèvres sous l’étiquette LR. Quant au professeur José Fuentes, qui dispense un cours magistral de science politique, il a été jusqu’en 2019 le bras droit de Gilles Bourdouleix, l’ancien maire de Cholet condamné pour incitation à la haine raciale. Questionnés au sujet de leur engagement politique, ni Matthieu Manceau ni José Fuentes n’ont répondu à nos questions.
La direction de la Catho, interrogée sur la concentration de profils marqués à droite au sein de sa filière Science-Po, se contente de prévenir que « l’université ne saurait être tenue responsable d’opinions ou d’actions personnelles antérieures de certains intervenants, tant que celles-ci n’ont aucune incidence dans le cadre de leur activité académique et respectent le droit ».
Dans ce cas, que dire du cours magistral intitulé « politique et communautarisme » qui figure en bonne place du catalogue 2025-2026 de la filière science-po ? D’après le résumé du cours dispensé par un certain Adrien Louis, l’immigration est présentée d’emblée comme un problème « que les sociétés libérales ont du mal à affronter », voire « un ennemi intérieur ou extérieur ». Interrogé sur le choix des mots, Adrien Louis assure à Disclose que son cours fait état des « argumentaires avancés à droite comme à gauche, avec la liberté et la rigueur consubstantielles à la vie universitaire ».

Propos racistes et croix celtiques
Côté étudiants, l’extrême droite semble également avoir trouvé de solides relais sur les bancs de l’UCO. Certains élèves assument même leurs positions racistes à visage découvert. Il y a deux ans, en plein milieu du campus d’Angers, un étudiant parle à une amie d’un autre élève de la faculté. Une « sombre merde », dit-il, d’après une vidéo restée en ligne quelques jours et que nous avons pu visionner. « Il est juif, ajoute-t-il. Rien que son nez, ses oreilles, son patronyme… ». Des propos à caractère antisémite qui auraient pu conduire à son exclusion définitive de l’établissement. La direction de la faculté, mise au courant des faits, l’a suspendu deux semaines. Pourquoi une telle indulgence ? « Nous avions interrogé tous les étudiants concernés pour parvenir à une sanction proportionnée », justifie le directeur de la licence, Giulio de Ligio, par ailleurs intervenant dans le think tank conservateur Academia Tocqueville, un temps mis en avant sur le site de présentation du projet Périclès de Pierre-Édouard Stérin.
L’affaire a un goût de déjà vu. En 2020, un étudiant n’avait écopé que d’une semaine de suspension à la suite de propos racistes tenus à l’égard d’une camarade noire. Selon un rapport interne que nous avons consulté, l’étudiant venait en cours avec un t-shirt de l’Alvarium, un groupuscule identitaire angevin dissout le 17 novembre 2021 en raison de son « idéologie xénophobe » et « de faits de violence en réunion ». Un autre étudiant a seulement écopé d’un rappel à l’ordre après avoir envoyé à une camarade originaire des Antilles une image tournant en dérision l’esclavage et partagé dans le groupe Facebook de sa promotion une image d’Adolf Hitler accompagnée d’un commentaire : « Quand la prof demande quelle est la solution au conflit israélo-palestinien ». En réaction, cinq étudiant·es ont adressé, le 8 août 2021, une lettre au conseil d’administration de l’établissement. Ils y critiquaient « la volonté de l’Université catholique de l’Ouest d’étouffer l’affaire » et « l’absence totale de sanction face à l’irrespect et le racisme, la xénophobie, le sexisme de certains étudiants ».
Sur le campus de Niort, où 80 personnes étudient la science politique, des étudiant·es ont également dénoncé, début 2025, une ambiance « délétère », marquée par une idéologie « misogyne » et « violente contre les minorités ». En mars, l’UCO a fini par exclure un étudiant niortais accusé de saluts nazis.
C’est donc dans ce climat, qui se retrouve jusque sur les murs de la faculté d’Angers, que se déploie l’emprise de Pierre-Édouard Stérin.

Une enseignante se souvient avoir vu des croix celtiques taguées sur « les portes d’ascenseurs de chaque étage du bâtiment principal de l’Université » au cours de l’année 2022-2023. Une pratique qui ne semble pas être passée de mode. « Toutes les dérives, s’il y en a, sont traitées », se défend la direction de l’Université catholique, qui fête cette année ses 150 ans d’existence.
Mise à jour le 19 septembre à 10h :
*Depuis la publication de cette enquête, le partenariat financier entre Pierre-Édouard Stérin et l’Université catholique de l’ouest a été interrompu. Dans un communiqué, la direction de l’établissement a déclaré que « les récents développements médiatiques
viennent renforcer la détermination de l’UCO à dissiper toute ambiguïté susceptible d’affecter sa mission et sa raison d’être. Aussi, l’UCO a pris la décision suivante : l’Université ne fera plus appel au Fonds John Henry Newman, ni à aucun autre fonds associé au Fonds du Bien commun ».
** Pierre-Hugues Barré, le directeur du master droit public de l’UCO à Nantes, a remis sa démission à la suite notre publication.
Enquête : Ariane Lavrilleux (Disclose), Julien Collinet (La Topette) avec Antoine Champagne (Reflets.info)
Édition : Mathias Destal
Photo : Benjamin Rullier
Illustration de couverture : Caroline Varon

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À la suite de cette enquête, Adrien Louis nous a fait parvenir le droit de réponse suivant, publié le 21 octobre 2025 :
J’ai pris connaissance de l’article « L’extrême droite et son mécène Pierre-Édouard Stérin s’infiltrent à l’université catholique de l’Ouest ». Je m’y trouve mis en cause nominativement en ma qualité de Maître de conférences en science politique de l’Université Catholique de l’Ouest d’Angers selon les termes suivants : « L’extrême droite et son mécène Pierre-Édouard Stérin s’infiltrent à l’université catholique de l’Ouest […] La direction de la Catho, interrogée sur la concentration de profils marqués à droite au sein de sa filière Science-Po, se contente de prévenir que « l’université ne saurait être tenue responsable d’opinions ou d’actions personnelles antérieures de certains intervenants, tant que celles-ci n’ont aucune incidence dans le cadre de leur activité académique et respectent le droit ». Dans ce cas, que dire du cours magistral intitulé « politique et communautarisme » qui figure en bonne place du catalogue 2025-2026 de la filière science-po ? D’après le résumé du cours dispensé par un certain Adrien Louis, l’immigration est présentée d’emblée comme un problème « que les sociétés libérales ont du mal à affronter », voire « un ennemi intérieur ou extérieur ». Interrogé sur le choix des mots, Adrien Louis assure à Disclose que son cours fait état des « argumentaires avancés à droite comme à gauche, avec la liberté et la rigueur consubstantielles à la vie universitaire ». »
Cette remise en cause de mon intégrité professionnelle appelle de ma part le rétablissement des vérités suivantes.
D’abord, l’exposition de mon nom complet qui se voit ciblé au sein d’une enquête dont le titre est « L’extrême droite et son mécène Pierre-Édouard Stérin s’infiltrent à l’université catholique de l’Ouest » me désigne de facto comme un exemple de l’infiltration de l’extrême droite dans mon université. Je réfute purement et simplement ce qualificatif stigmatisant fréquemment utilisé à des fins de mise à mort professionnelle.
Ensuite, le paragraphe qui m’est dédié me présente comme un exemple de « profil marqué à droite au sein de la filière science-po », ce qui se ressentirait dans le contenu de mes cours dispensés au sein de l’UCO. Or, le seul et unique élément avancé pour soutenir cette assertion est le syllabus d’un cours dont le contenu se trouve significativement déformé par une présentation erronée et trompeuse de Disclose.
En premier lieu, il est inexact de prétendre que ce syllabus de cours magistral « figure en bonne place du catalogue 2025-2026 de la filière science-po » : il se situe tout simplement au milieu du livret de Licence 3 aux pages 21-22 (le livret faisant 41 pages) et n’est en aucune façon mis en valeur. C’est du reste un cours « mineur » par rapport aux cours de 36h avec TD.
En deuxième lieu, il est faux d’indiquer que « D’après le résumé du cours dispensé par un certain Adrien Louis, l’immigration est présentée d’emblée comme un problème “que les sociétés libérales ont du mal à affronter” » : la question des flux migratoires n’apparaît pas du tout « d’emblée », mais à la moitié de mon texte.
En troisième lieu, Disclose m’impute de présenter « l’immigration comme un problème » alors que tel n’est pas le cas : mon syllabus indique expressément que « les flux migratoires confrontent les sociétés libérales à de nouveaux problèmes qu’elles ont du mal à affronter », ce qui est totalement différent.
En quatrième lieu, il est tout autant trompeur de d’affirmer que « l’immigration est présentée d’emblée comme (…) un ennemi intérieur ou extérieur ». Cette imputation résulte d’une déformation du syllabus par association tronquée de deux phrases différentes, ce qui aboutit à un résumé journalistique grammaticalement incorrect et aberrant. En effet, la question qui est posée est celle de savoir « ce qu’il advient d’une société dans laquelle coexistent des communautés qui se regardent avec défiance voire avec hostilité, lorsqu’une telle société doit faire face à un ennemi intérieur ou extérieur » : il n’est donc pas fait mention de l’immigration.
Finalement, une lecture fidèle et non biaisée de ce résumé de cours magistral (du reste préexistant à mon arrivée et rédigé plusieurs mois avant que je ne prépare et donne ce cours pour la première fois), ne saurait pour toutes ces raisons me valoir une quelconque accusation de partialité et d’abus de ma position académique à des fins idéologiques.




