11 juin 2026

Nouvelle attaque contre Disclose : le gouvernement réclame la censure de l’enquête « Egypt Papers »

Nouvelle attaque contre Disclose : le gouvernement réclame la censure de l’enquête « Egypt Papers »

Le ministère de la justice exige la dépublication de notre enquête mise en ligne en 2021 sur la complicité de la France dans des crimes commis par la dictature égyptienne. La chambre de l’instruction doit se prononcer le 8 juillet sur une éventuelle réouverture de l’enquête judiciaire qui avait reconnu l’intérêt public de nos révélations et mis hors de cause la journaliste Ariane Lavrilleux, à nouveau menacée par l’État.

C’est un nouveau coup de pression inédit contre Disclose. Le ministère de la justice réclame la censure de notre série d’articles « Egypt papers » et du documentaire diffusé sur Complément d’enquête (France 2) fin 2021, et toujours en accès libre. Cette demande déposée le 20 mai dernier par un procureur devant la cour d’Appel de Paris vise à faire disparaître des informations d’intérêt public sur la complicité de la France dans les meurtres de civils en Égypte. Une complicité incarnée par une opération de renseignement militaire classée « secret défense » : l’opération Sirli.

Mais ce n’est pas tout.

Le procureur, nommé par le président de la République sur proposition du ministre de la justice, réclame aussi la mise en examen d’Ariane Lavrilleux. Quand bien même notre journaliste a bénéficié d’un non-lieu dans ce dossier, où elle était poursuivie pour « appropriation et divulgation de secret de la défense nationale ». Pour rappel, Ariane Lavrilleux a vu son appartement perquisitionné, a subi une garde à vue de 39 heures et a été surveillée dans ses moindres faits et gestes pendant des semaines.

Enfin, le ministère de la justice exige que les autres signataires de l’enquête soient convoqués par un·e juge.

Reporters sans Frontières dénonce « un acharnement judiciaire et le signe d’une criminalisation inquiétante du journalisme ». Pour Laure Chauvel, responsable du bureau de l’ONG en France, « la protection du secret-défense ne saurait servir à piétiner la liberté de la presse et la protection des sources journalistiques, ni à vider de sa substance la notion d’intérêt public ».

Cette nouvelle attaque contre le droit à vous informer librement ne doit pas aboutir. Notre avocat, Christophe Bigot, l’a rappelé devant la Cour d’Appel : le non-lieu doit être confirmé et l’accès à l’information protégé. La décision de la chambre de l’instruction est attendue le 8 juillet 2026.

Retour sur cinq ans de procédure judiciaire contre Disclose

7 décembre 2020 : Disclose publie une note secrète qui dévoile la stratégie du gouvernement pour empêcher un contrôle plus démocratique sur les ventes d’armes.

3 février 2021 : Le parquet ouvre une enquête, confiée à la DGSI, le renseignement intérieur français.

21 novembre 2021 : Disclose publie l’enquête « Egypt Papers », qui documente une campagne d’exécutions arbitraires contre des civils en Égypte, avec la complicité de l’État français.

24 novembre 2021 : Le ministère des armées porte plainte pour « violation du secret de la défense nationale ». 

21 juillet 2022 : Le parquet de Paris ouvre une enquête, confiée à deux juges d’instruction spécialisées dans l’antiterrorisme. 

Courant 2023 : La journaliste Ariane Lavrilleux, co-autrice de l’enquête Egypt Papers, est placée sous surveillance : des agents du renseignement espionnent son téléphone et la suivent dans ses déplacements.

19 septembre 2023 : Le domicile d’Ariane Lavrilleux est perquisitionné, des policiers fouillent ses ordinateurs, téléphones portables et carnets de notes. Elle fait 39 heures de garde à vue

9 octobre 2025 : Après trois ans d’enquête, Ariane Lavrilleux bénéficie d’un non-lieu. Le dossier d’instruction reconnaît l’intérêt général des informations publiées par Disclose.  

25 octobre 2025 : Le parquet général de Paris fait appel du non-lieu. 

20 mai 2026 : Le parquet général demande la réouverture de l’enquête judiciaire, la mise en examen d’Ariane Lavrilleux, la censure de nos articles et vidéos ainsi que la convocation des autres signataires de l’enquête.


L’équipe de Disclose

Le ministère de la justice veut nous censurer

Vos dons mensuels nous permettent d’assurer notre défense et de préparer l’avenir de notre média indépendant.

Je soutiens Disclose