Le président de la Fédération de roller et skateboard démissionne

Le président de la Fédération de roller et skateboard démissionne

Face aux témoignages de violences sexuelles, le président de la FFRS a quitté ses fonctions le 6 mars. Nicolas Belloir est accusé d’inaction par des victimes.

Après la démission du président de la Fédération des sports de glace, c’est au tour de Nicolas Belloir de quitter ses fonctions à la tête de la Fédération de roller et skateboard (FFRS). L’annonce a été faite par voie de communiqué, vendredi 6 mars.

Ce retrait intervient dans la foulée de nombreuses révélations sur des affaires de violences sexuelles au sein de la Fédération et notamment de la section roller derby. Le 20 février, la présidente de la commission roller derby a appelé à la démission de Nicolas Belloir. « J’ai interpellé à de nombreuses reprises la FFRS sur ces sujets, mais mes appels sont trop souvent restés lettres mortes voire se sont retournés contre moi », a écrit Amandine Richaud-Crambes pour appuyer sa prise de parole, mentionnant aussi l’« inaction [de la FFRS] devant l’ampleur des témoignages rapportés de violences physiques et morales ».

Certains de ces témoignages ont été couchés sur papier par dix membres de l’équipe de France de roller artistique, comme l’a révélé Disclose en décembre dernier. Dans ce document de 5 pages, les athlètes reprennent point par point « les dysfonctionnements de la [FFRS] dans le cadre d’une affaire de pédophilie couvrant des dizaines de victimes identifiées et à identifier. » L’affaire en question concerne Arnaud Mercier, un professeur de roller artistique condamné à 13 ans de prison pour viols et agressions sexuelles sur mineures, en décembre 2018. « Il aura fallu sept ans de procédure pénale pour que nous soyons reconnues victimes. Des années durant lesquelles nous avons été dévisagées, traitées de menteuses, contraintes d’arrêter nos carrières respectives pendant quelques mois voire années », écrivent les dix patineuses qui pointent le « silence impardonnable » des dirigeants.

Parmi les responsables visés : le président de la FFRS, Nicolas Belloir, accusés d’avoir atténué le scandale. « Ce n’est pas faute d’avoir averti de la dangerosité de cet homme« , précisent les sportives, rappelant l’existence d’une première alerte sérieuse en 2011, puis de deux plaintes en 2011 et 2015. Contacté par Disclose, Nicolas Belloir s’est contenté d’expliquer qu’en « septembre 2011, ce n’est pas de violences sexuelles dont la Fédération est informée, mais d’une grande proximité entre une athlète et son entraîneur. Malgré tout, le directeur technique national a immédiatement rencontré ses parents et les autres athlètes du pôle où exerçait l’entraîneur.« 

Parmi les plaignantes figure la multiple championne de France Ludivine Malle, victime des viols répétés d’Arnaud Mercier entre 12 et 17 ans. Peu de temps avant la démission de Nicolas Belloir, la sportive a fait état de sa colère dans les colonnes de l’Equipe : « La fédération manque de proactivité face aux alertes, ce qui laisse les victimes dans la merde, lâchait-elle, avant de conclure : « En revanche, elle sait bien reconnaître sans délai la présomption d’innocence des agresseurs.«