L’escale suspecte d’un cargo saoudien au port de Cherbourg

L’arrivée d’un cargo saoudien à Cherbourg ce jeudi relance les interrogations sur les ventes d’armes de la France à l’Arabie saoudite.
Pour la troisième fois en moins d’un an, un cargo de la compagnie saoudienne Bahri est annoncé en France. En provenance d’Angleterre, le Bahri Yanbu est attendu au port de Cherbourg ce jeudi 6 février, autour de 16h.
Cette escale aurait dû se faire en toute discretion. Mais nos précédentes révélations sur les chargements d’armes françaises à bord des cargos de la compagnie Bahri, l’armateur exclusif de l’Arabie saoudite en la matière, ont compliqué les choses.
« Black out »
La veille de l’arrivée du Bahri Yanbu en rade de Cherbourg, dix-sept ONG ont adressé un courrier au Premier ministre lui demandant « instamment » des informations sur la nature du matériel embarqué. « Le Bahri Yanbu étant connu pour transporter des armes pour le compte du ministère de la Défense saoudien (…) nous vous exprimons nos plus vives inquiétudes quant au passage de ce cargo en France », écrivent les signataires. Samedi 1er février, le cargo a été contraint d’annuler une escale au port belge d’Anvers après une action de protestation.
Contacté par Disclose, la capitainerie du port de Cherbourg n’a pas souhaité faire de commentaire. « Sur demande la préfecture« , précise-t-on. Selon nos informations, le « black out » autour du Bahri Yanbu a été soigneusement organisé par Gérard Gavory, le préfet de la Manche en personne. Même silence gêné du côté de la compagnie maritime. Interrogé sur la nature du contrat, le représentant de Bahri en France n’a pas voulu faire de commentaire, confirmant tout de même l’escale normande. Rien ne filtre non plus du côté du ministère des Armées… qui renvoie vers les douanes françaises et le port de Cherbourg.
Pour comprendre l’enjeux autour de la venue du Bahri Yanbu en France, vous pouvez voir, ou revoir, notre enquête vidéo sur l’itinéraire d’une livraison secrète de canons Caesar entre le Havre et le port saoudien de Jeddah, en novembre 2018.


