Secret des sources : la journaliste de Disclose libérée au terme de 39 heures de garde à vue

La journaliste Ariane Lavrilleux a été libérée, mercredi 20 septembre, après 39 heures de garde à vue. Objectif de cette atteinte inadmissible à la liberté de la presse : identifier les sources de Disclose ayant permis de révéler plusieurs scandales d’État dont l’opération militaire « Sirli », menée par la France pour le compte de la dictature égyptienne.
Ariane Lavrilleux est ressortie libre. Après une garde à vue qui aura duré 39 heures, la journaliste de Disclose et co-autrice d’une série d’enquêtes sur les ventes d’armes de la France à l’étranger, a quitté l’hôtel de police de Marseille peu après 21 heures. Elle y était entendue par les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), dans le cadre d’une enquête pour compromission du secret de la défense nationale et révélation d’information pouvant conduire à identifier un agent protégé. Cette enquête, ouverte en juillet 2022, a conduit les services de renseignement intérieur à perquisitionner son domicile, mardi 19 septembre, pendant dix heures, en présence d’une juge d’instruction.
L’objectif de ce nouvel épisode d’intimidation inadmissible à l’égard des journalistes de Disclose est clair : identifier nos sources ayant permis de révéler l’opération militaire Sirli, en Égypte. En novembre 2021, Disclose s’appuyait sur plusieurs centaines de documents « confidentiel-défense » pour documenter une campagne d’exécutions arbitraires orchestrée par la dictature égyptienne du maréchal Al-Sissi, avec la complicité de l’État français.
De nombreuses voix se sont élevées pour soutenir Ariane Lavrilleux et la rédaction de Disclose. Reporters sans frontières a réagi sur X (ex-Twitter), craignant que « les démarches de la DGSI ne portent atteinte au secret des sources ». « Il est très préoccupant que le travail des journalistes enquêtant sur des sujets liés au domaine opaque de la défense fasse quasi systématiquement l’objet d’une enquête de la DGSI », a relevé Amnesty International France.
Les sociétés des journalistes de Mediapart et France Télévisions ont également apporté leur soutien à Ariane Lavrilleux, dénonçant une « atteinte intolérable au secret des sources ». De son côté, la Fédération européenne des journalistes (FEJ) a annoncé qu’elle allait déposer une alerte sur la plateforme du Conseil de l’Europe pour la sécurité des journalistes. « Cette alerte va contraindre le gouvernement français à répondre à une attaque intolérable vis-à-vis de la liberté de la presse », explique à Disclose son secrétaire général, Ricardo Gutiérrez.
Le ministère de la justice veut nous censurer
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