
Permis d’agresser
Enquête sur les violences sexuelles dans les transports et les failles ayant facilité la récidive des chauffeurs-agresseurs.
Enquête sur les violences sexuelles dans les transports et les failles ayant facilité la récidive des chauffeurs-agresseurs.
Au terme de plus d’un an d’enquête, Disclose a identifié 63 ambulanciers, chauffeurs de taxi ou de car scolaire ayant commis des viols ou agressions sexuelles sur leurs passagers. Les victimes, au nombre de 152 depuis 2005, sont le plus souvent des mineur·es ou des personnes vulnérables. Les agresseurs, dont trois-quarts sont des récidivistes, profitent de l’absence quasi-totale de contrôles des autorités comme de leurs employeurs.
Sous le mandat de Martine Aubry, la ville de Lille a maintenu en poste un policier municipal accusé de harcèlement sexuel par une collègue. Malgré plusieurs alertes en interne, l’élue socialiste n’a pris aucune mesure sérieuse. Une plainte a été déposée contre la mairie, en février 2024. Cette affaire est emblématique de l’impunité qui règne dans les polices municipales françaises : dans 36 villes, Disclose a identifié 46 agents mis en cause pour des violences sexuelles depuis 2012.
Revêtir l’uniforme de police ou de gendarmerie lorsqu’on est une femme expose au risque d’être la cible de violences sexuelles de la part d’un collègue : 177 femmes policières ou gendarmes accusent un membre des forces de l’ordre de harcèlement sexuel, agression sexuelle ou viol, depuis 2012, révèle Disclose. Dans la plupart des cas, les mis en cause ont été protégés par leur hiérarchie.