
Poison éternel
Révélations sur la pollution aux PFAS dans l’eau et les terres agricoles à cause de l’épandage de boues toxiques partout en France.
Révélations sur la pollution aux PFAS dans l’eau et les terres agricoles à cause de l’épandage de boues toxiques partout en France.
C’est une pollution sans équivalent en France. Depuis juillet 2025 Disclose, en partenariat avec France 3, enquête sur la contamination aux PFAS, des molécules chimiques dangereuses pour la santé, dans l’eau et les terres agricoles partout en France.
L’épicentre de cette pollution se trouve dans les Ardennes et la Meuse. Terres agricoles, rivières, eau potable… Des analyses exclusives que nous avons réalisées en collaboration avec un laboratoire de l’université de Montréal dévoilent des concentrations record de ces molécules toxiques, dont certaines sont cancérogènes. Derrière la contamination : une ancienne papeterie du groupe Ahlstrom, à Stenay (Meuse), qui a déversé des engrais contaminés aux PFAS dans les champs de la région pendant près de 30 ans.
Depuis la publication de notre premier article, quatre plaintes ont été déposées par des habitant·es des Ardennes et de la Meuse, qui veulent connaître les responsables de la pollution. Les dernières datent du 27 mars et du 6 avril 2026. La première est portée par un couple d’agriculteur·ices des Ardennes, Anne et Sébastien Abraham, qui attaquent pour « mise en danger de la vie d’autrui ». La seconde a été déposée par les élu·es de six villages de la région.
La contamination ne s’arrête pas à l’est de la France. D’après notre enquête, un quart des 100 sites industriels qui rejettent le plus de polluants éternels dans le pays alimentent la filière agricole en « boues d’épuration » destinées à fertiliser les champs. Une bombe sanitaire et environnementale dont l’État peinait à prendre la mesure jusque-là : le 9 avril, face à l’ampleur du phénomène mis au jour, le gouvernement a annoncé qu’il allait mettre en place des contrôles au niveau des stations d’épuration pour connaître la teneur en PFAS des boues qui en sortent. Mieux vaut tard que jamais.
Sous le mandat de Martine Aubry, la ville de Lille a maintenu en poste un policier municipal accusé de harcèlement sexuel par une collègue. Malgré plusieurs alertes en interne, l’élue socialiste n’a pris aucune mesure sérieuse. Une plainte a été déposée contre la mairie, en février 2024. Cette affaire est emblématique de l’impunité qui règne dans les polices municipales françaises : dans 36 villes, Disclose a identifié 46 agents mis en cause pour des violences sexuelles depuis 2012.
Revêtir l’uniforme de police ou de gendarmerie lorsqu’on est une femme expose au risque d’être la cible de violences sexuelles de la part d’un collègue : 177 femmes policières ou gendarmes accusent un membre des forces de l’ordre de harcèlement sexuel, agression sexuelle ou viol, depuis 2012, révèle Disclose. Dans la plupart des cas, les mis en cause ont été protégés par leur hiérarchie.